Continuités écologiques

La haie au service des continuités écologiques - Entretien et réhabilitation
Recueil d’expériences menées sur la commune de Dourgne

Les continuités écologiques sont au cœur de l’actualité. Le bocage,qui rassemble arbres et haies champêtres, en est un élément majeur. Ce milieu permet la circulation des espèces entre prairies, forêts, zones humides et autres habitats. Il abrite également une biodiversité « ordinaire » importante, oiseaux, petits mammifères,insectes… Il contribue aussi à un cadre de vie de qualité, et est un allié majeur de l’agriculteur. En effet, il joue un rôle de brise vent,sert d’abri pour le troupeau, permet de limiter l’érosion des sols et produit du bois énergie.Dans le cadre du projet « restauration de continuités bocagères »,c’est cette entrée que nous avons choisi pour sensibiliser à l’importance du maintien et de l’entretien du bocage, afin de maximiser les services qu’il rend à tous.La première partie de ce document présente les différentes typologies de haies rencontrées sur notre territoire. Classés en neuf catégories,chaque type de linéaire bocager a été évalué au regard de son importance pour l’agriculture et la biodiversité. On parle de valeur agro-écologique. La seconde partie compile les conseils de gestion en huit fiches d’entretiens,adaptées en fonction de la typologie du linéaire, et permettant ainsi d’en améliorer la valeur agro-écologique.Au travers de ce guide technique, nous vous invitons à porter une attention toute particulière à ces milieux, à mieux les connaître et à savoir les entretenir afin de garantir leur pérennité.

Guide téléchargeable
La trame verte et bleue, un outil pour préserver les territoires de nature
Livret de sensibilisation à l'usage des collectivités territoriales

En France, la destruction des milieux naturels et leur fragmentation est aujourd’hui la première cause de diminution de la biodiversité.

Préserver les continuités écologiques, c’est maintenir et reconstituer des espaces de nature fonctionnels.
Sur nos territoires de Parcs, nous avons su préserver l’essentiel. Mais nous ne sommes pas des îles indépendantes de toute influence et,chez nous aussi, nos paysages évoluent et la biodiversité est menacée.
Dans nos Parcs, il s’agit d’innover, d’inventer pour rechercher des solutions et de privilégier la synergie entre aménagement et préservation de la biodiversité.
En élaborant le diagnostic de la trame écologique des Parcs naturels régionaux de Midi-Pyrénées, nous avons souhaité fournir un outil d’aide à la prise en compte des milieux naturels et des paysages emblématiques de la région Midi-Pyrénées dans les projets d’aménagement.
En inscrivant la préservation de la Trame Verte et Bleue comme projet d’aménagement et de développement durable de nos documents d’urbanisme et, en premier lieu, les Schémas de Cohérence Territoriaux (SCoT), nous affirmons notre volonté de développer nos territoires en préservant notre identité et notre nature.

Guide téléchargeable

Programme de protection

Les outils d'inventaire et de gestion

PNR, réserve, ZNIEFF... Autant de sigles et d'outils d'inventaires, de protection ou de gestion différents pas toujours simples à comprendre et à différencier. Cette gamme d'outils a largement été mise en œuvre sur le territoire du Parc naturel régional du Haut-Languedoc. Aujourd'hui, bon nombre de secteurs, abritant des espèces animales ou végétales, bénéficient d'une protection et/ou d'une gestion induite par la mise en place de ces outils.

Une quoi ? Une ZNIEFF !

Avant tout outil de connaissance, les Zones Naturelles d'Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique sont des inventaires nationaux qui ont permis de mieux connaitre les richesses naturelles des communes. Sans statut juridique particulier, elles permettent d'aider à la prise de décisions en matière de gestion et de préservation de l'environnement et d'aménagement du territoire.

On distingue :

- Les ZNIEFF de type 1 : ce sont des secteurs de superficie restreinte et dont l'intérêt est lié à la présence d'espèces ou d'habitats rares ou remarquables, caractéristiques du patrimoine naturel national ou régional. Ces zones sont particulièrement sensibles à des aménagements ou à des modifications du fonctionnement du milieu naturel.

- Les ZNIEFF de type 2 : ce sont de grands ensembles naturels qui offrent des potentialités biologiques et paysagères intéressantes : sur ces zones, il importe de respecter les grands équilibres écologiques.
Réserve nationale : accès réglementé !

La présence d'une population de Mouflon méditerranéen (introduit à partir de 1956) sur le massif du Caroux-Espinouse a permis la création de la Réserve Nationale de Chase et de Faune Sauvage en 1973 (1715 ha). En raison des études techniques et scientifiques qui sont réalisées sur cette population de mouflon (capture, marquage, estimation de population...) et afin de préserver la tranquillité des animaux, l'accès à la réserve est réglementé. Seules les personnes autorisées peuvent y pénétrer à des fins professionnelles (toutefois quelques sentiers sont ouverts au grand public) et la chasse et la cueillette y sont formellement interdites. Il existe 9 Réserves Nationale de Chasse et de Faune Sauvage en France.

Une espèce : une mesure de protection

Mis en place pour préserver le lieu de vie d’une ou de plusieurs espèces, l’Arrêté de Protection Biotope entraine une réglementation précise (certaines activités sont soumises à autorisation, d’autres comme l’accès peuvent être interdites). Un biotope peut se définir comme un territoire bien délimité, caractérisé par des conditions particulières (géologiques, hydrologiques, climatiques, biologiques, édaphiques - désigne ce qui se rapporte au sol). Sur le territoire du Parc, il en existe 2, mise en place afin de protéger le biotope d’un rapace, l’aigle de Bonelli et d’un insecte (la Rosalie Alpine).

Natura 2000 : Une politique européenne

Dans le Parc naturel régional du Haut-Languedoc, il existe seize sites Natura 2000, dont quatorze sont gérés par le Parc et deux par l'Etat.

Natura 2000 est un réseau d’espaces visant à la protection d’espèces et d’habitats naturels menacés. Il est mis en place dans chaque état-membre de l’union européenne sur son propre territoire national. Pour chaque site, des mesures de gestion sont ou seront préconisées en tenant compte des exigences économiques, sociales et culturelles locales.

 

En Haut-Languedoc, des tourbières, des pelouses d’altitude, des landes, des forêts… ou des espèces animales et végétales (Armérie de Malinvaud, Ail doré, Moule perlière, Ecrevisse à patte blanche, Loutre, Aigle de Bonelli, chauves-souris…) ont permis la sélection de seize sites ou un total d’environ 35 000 hectares au titre de Natura 2000 (directive habitats et directive oiseaux).

 

Quels sont les sites Natura 2000 du Parc ?

- Le Caroux et l'Espinouse (34)

- Montagne de l'Espinouse et du Caroux (34)

- Crêtes du Mont Marcou et des Monts de Mare (34)

- Sites à chiroptères (Grottes de la rivière morte, de la source du Jaur, de Julio, du Trésor - 34)

- Minervois (visitez le site internet : ici)

- Causses du Minervois

- Vallée de l'Arn

- Tourbières du Margnès

- Basse vallée du Lignon

- Montagne noire Occidentale

- Causses de Caucalières et Labruguière

- Le Montalet

- Vallée des 5 rivières (Viaur, Tarn, Aveyron, Agout, Gijou)

 

Où se trouvent les sites Natura 2000 du Parc ?

Carte de répartition des sites Natura 2000 du Parc naturel régional du Haut-Languedoc

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Type de zone :

- ZPS : zone de protection spéciale (site oiseaux)

- ZSC : zone spéciale de conservation (site habitats faune/flore)

 

Les habitats naturels

L'habitat méditerranéen

A l'extrémité Sud du Massif central se dressent les contreforts de la montagne du Haut-Languedoc. qui dominent plaines et vallons aux couleurs de méditerranée. Chaleurs, sécheresses estivales, épisodes pluvieux... sont autant d'éléments qui ont façonné un paysage méditerranéen propice à l'épanouissement d'une faune et d'une flore remarquables. La fraîcheur d'un taillis de chênes, le calme et la douceur de la garrigue et du maquis invitent à la découverte de cette nature méditerranéenne.

 

foret de chenes verts l.engel mediumL'yeuseraie, forêt de chênes verts

Très répandue dans le Haut-Languedoc, cette forêt privilégie les sols appauvris, rocheux et "squelettiques". Ainsi, sommets, crêtes, promontoires, gorges et fonds de vallée sont autant de milieux favorables à son développement.

 

L'arbre-roi est ici le chêne vert, appelé communément yeuse ou chêne faux-houx. Arbre à feuilles persistantes jusqu'au printemps de leur 3ème année, de 5 à 20 mètres de haut, il se développe sur tous types de substrat pourvu qu'ils soient relativement secs. Sa résistance aux agressions humaines, à la sécheresse et au feu favorise son extension au détriment du chêne pubescent, confiné sur des sols profonds et bien drainés.

 

 

Avec le chêne vert, le pin d'Alep constitue la seule espèce arborescente du groupement forestier. Un bon nombre d'arbustes y sont associés. Laurier-tin, arbousier, genévrier côtoient chêne kermès, romarin, thym, lavande et autres plantes aromatiques au milles senteurs. Les chênaies abritent de nombreuses espèces d'oiseaux : buse variable, huppe fasciée, geai des chênes, fauvettes, mésanges et autres passereaux y trouvent refuge et nourriture. Il en va de même pour le sanglier, le blaireau et le renard. Bon nombre d’insectes y sont également présents comme le grand capricorne, le coléoptère pourvu de longues antennes.

 

Soumis à la pression humaine, au surpâturage et aux incendies, ces peuplements forestiers se sont considérablement réduits, laissant place à des formations de maquis et de garrigue.

 

Le maquis

Inféodé au terrain siliceux, le maquis est une formation végétale dense constituée principalement d’arbrisseaux formant des fourrés épineux et denses, véritable rempart naturel. Il a ainsi l’aspect d’un taillis, haut de 3 à 6 mètres, comportant l’yeuse comme espèce dominante.

Bruyères, lavandes, cistes, arbousiers, genêts… apportent refuge et nourriture à de nombreux oiseaux et insectes qui habitent les lieux.

 

La garrigue

La garrigue, créée à partir de conditions naturelles (sol calacaire, climat méditerranéen) et humaines (exploitation du bois, feu, pâturage) couvre de grandes surfaces sur terrain rocailleux et arides.

Une flore épineuse, aromatique et très variée s’y développe et présente une profusion de couleurs et de parfums : cistes aux fleurs blanches ou pourpres, alaterne, chèvrefeuille étrusque, lavande, romarin, thym, orchidées, etc.

Cette richesse floristique fait le charme et la beauté de la garrigue.

La garrigue abrite une grande diversité d’espèces animales : scorpion occitan, mante religieuse, criquet égyptien, cigales et papillons côtoient la grenouille méridionale, le seps strié et aussi la couleuvre de Montpellier. La garrigue est aussi le territoire privilégié du lézard ocellé et du lézard vert.

Parmi les oiseaux, on peut y admirer le circaète Jean-le-Blanc, la huppe fasciée, la pie grièche à tête rousse ou encore la fauvette mélanocéphale, la fauvette pitchou.

 

 

Habitat atlantique

Les versants ouest du Haut-Languedoc s’élèvent en douceur de la plaine tarnaise aux sommets des Monts de Lacaune, de l’Espinouse et de la Montagne Noire. Arrosés par les pluies régulières venues de l’Atlantique, souvent baignés dans la brume, ces reliefs offrent la fraîcheur de leurs forêts aux habitants de plaines. Taillis, hautes futaies, plantations de résineux forment un océan de verdure que viennent interrompre quelques ilots de terres agricoles, de prairies et de landes. Partez à la découverte des espaces forestiers, monde silencieux et apaisant aux lumières tamisées par les frondaisons.

 

hetre m.coroir mediumLe règne de l’arbre

Dans cette partie du Haut-Languedoc, l’arbre règne en maître, tant le climat lui est favorable et le travail du forestier profitable.

Deux espèces se livrent bataille pour la grande suprématie des lieux : le hêtre, seigneur de l’ombre, des brumes, des sols frais, et le chêne ou plutôt les chênes (le chêne sessile essence de semi-ombre, le chêne pédonculé essence de pleine lumière). L’altitude met néanmoins un terme provisoire à cette rivalité Ainsi, en vallée du Thoré par exemple, où les influences océaniques sont prépondérantes, le chêne pédonculé domine. Sur les pentes, vers 600-700 mètres d’altitude, il laisse place à une bande étroite de chênes sessiles, à laquelle succède la hêtraie.

 

 

Le forestier aussi joue son rôle. Une parcelle de bois est coupée et c’est le chêne qui en profite, aux dépens de la plantule de hêtre qui dessèche au soleil. Pourtant rien n’est acquis ; quelques années plus tard, à l’ombre des jeunes chênes, le hêtre pourra se développer et à terme dominera ses bienfaiteurs.

 

Mais cette rivalité n’est-elle pas devenue vaine quand le sylviculteur a introduit l’Epicéa et le Douglas ?

Ces deux essences, et de façon moindre d’autres résineux, ont été privilégiés depuis plus de 50 ans car présentant de nombreux avantages : bonne adaptation aux sols pauvres, cultures plus simples que celle des feuillus et nécessitant moins de travaux d’entretien dans leurs jeunes années, croissance rapide (notamment pour le Douglas), maturité précoce. Ainsi, en Haut-Languedoc, dans la partie tarnaise, 33 500 hectares ont été boisés ou reboisés en résineux, que l’on peut comparer aux 14 000 hectares de hêtraies présentes sur l’ensemble du territoire du Parc naturel régional du Haut-Languedoc.

 

A la cour des arbres…

La hêtraie atlantique a son cortège de plantes caractéristiques : le houx est l’arbuste incontournable de cet habitat, décorant la forêt de ses feuilles vertes, luisantes et piquantes et de ses fruits rouges. Dans les clairières s’implantent des arbres pionniers, le bouleau et le pin sylvestre, ajoutant les touches blanches ou rose saumon de leur écorce respective. Les fougères donnent une ambiance « tropicale » au sous-bois (fougère aigle, blechnum en épi, etc.). le chèvrefeuille est une liane qui enserre les troncs jusqu’à leur donner une forme de spirale sculptée ! Parmi les fleurs, on peut citer la magnifique mais toxique digitale pourpre, et la pervenche qui tapisse les sous-bois de fleurs violettes.

 

Les habitants de la hêtraie atlantique

- Le chevreuil est l’hôte familier des bois. Irascible, il repousse ses rivaux avec force cris, sortes d’aboiements qui résonnent au loin.

- Le sanglier fouille les sous-bois à la recherche de faines (fruit du hêtre), de glands et de bulbes.

- La nourriture (graines des cônes, faines, etc.) ne manque pas pour l’écureuil mais il doit se méfier de la martre. Cette dernière, tout comme la genette, chasse également des rongeurs (mulots, campagnols) et se nourrit de passereaux qui peuvent présenter 30% de son régime alimentaire.

- Le blaireau furète le sol la nuit et mange tout ce qui lui passe sous la dent.

- Le cri d’alerte du geai résonne dans ces forêts, où il est pourchassé par l’autour des palombes (rapace des bois).

- Le pic noir, de la taille d’une corneille, trahit sa présence par un tambourinage sonore et puissant (série de coups de bec sur un tronc) qui peut s’étendre jusqu’à 2 Km, et par des tas de copeaux de bois de 10-15 cm de long au pied de vieux arbres morts.

- Le vulcain, papillon d’un noir soutenu et montrant des motifs rouges et blancs, butine les fleurs des clairières et des allées forestières.

- Quant au bousier rencontré sur le chemin, il est en train de rouler jusqu’à son terrier une boule d’excréments, essentiellement d’herbivores, qu’il a confectionnée. Il y pondra des œufs, les larves se nourrissant des débris végétaux contenus dans la boule.

 

 

 

 

 

 

Crédits Photos :

1 - PNRHL- L. Engel

2 - PNRHL - M. Coroir

 

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